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Résultat de l’étude Intelligence.360 : Les marchés émergents tirent la croissance mondiale alors que sur les marchés matures la morosité persiste dans un contexte en mutation

19 mars 2012 • En 2012, le marché pharmaceutique mondial a affiché une croissance de 3 % par rapport à 2011. Cette progression va se poursuivre au cours des prochaines années, tirée par les marchés émergents, dont la croissance annuelle devrait être comprise entre 11 et 14 % d’ici 2016.  En France, la baisse de 2,3 % du marché de ville enregistrée en 2012 devrait s’amplifier en 2013. Le marché hospitalier croît faiblement.

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Les nouveaux pays constituent également des vecteurs de croissance pour le futur
 

Des marchés matures en croissance faible mais une innovation qui repart

En 2012, le marché pharmaceutique mondial a progressé de 3 %. Il demeure très polarisé avec, d’un côté, les pays matures (Etats-Unis, Japon, Europe de l’Ouest) en croissance très faible voire en récession et, de l’autre, les pays émergents, en hausse de plus de 10 % tirée par la Chine (+18,4 %), le Brésil, la Russie et l’Inde.

Sur les marchés matures, cette tendance morose va perdurer sur la période 2013/2014, notamment en Europe de l’Ouest (-1,3 % en 2012 pour le Top 5) ; Robert Chu, Président d’IMS Health France, explique que « ces marchés sont largement financés par les finances publiques ; avec la crise de la dette qui sévit partout en Europe, il existe une pression très forte sur les enveloppes dépensées en santé. Les médicaments, et la baisse de leur prix, restent une cible privilégiée ». Aux Etats-Unis, la situation est atypique, avec une très forte croissance des prix (+7 %), mais  une décroissance globale du marché de 1,4 % liée à plusieurs facteurs : l’arrivée des génériques de grands produits comme Lipitor® ou Plavix®, qui a pesé lourdement ; une forte pression sur les produits les plus chers qui a limité ou inversé leur progression et des patients qui retardent ou arrêtent leur traitement. Le marché japonais s’est maintenu (+0,7 %), que ce soit sur les produits innovants, les génériques ou l’OTC. Tiré par une hausse des volumes, il a cependant été ralenti en valeur par la baisse de prix mise en œuvre tous les deux ans et qui a atteint 3,6 % en 2012.

Dans les pays matures, la stratégie des payeurs consistant à tirer parti des pertes de brevets et des baisses de prix pour financer l’arrivée des nouveaux produits, va s’atténuer. D’ici 2015, Robert Chu note en effet que « la situation est assez favorable, avec d’une part une atténuation des génériques et, d’autre part, une accélération de l’innovation ». Ainsi, si plus de 120 milliards de chiffres d’affaires seront perdus sur le marché mondial du fait des pertes de brevets, l’effet générique devrait s’atténuer en 2014/2015, après une année 2013 qui va rester difficile. Face à cela, l’innovation se porte mieux avec une reprise qui est réelle.

2012 a ainsi été une bonne année, avec des lancements intéressants, en oncologie, dans le sida, le diabète de type 2 ou encore la fibrillation auriculaire (anticoagulants oraux). Quelques classes dominent actuellement les pipelines : maladies auto-immunes (médicaments anti-TNF alfa), sclérose en plaques, vaccins, oncologie, diabète, asthme et BPCO (avec notamment des combinaisons produits /dispositifs médicaux).

Croissance à deux chiffres sur les marchés émergents

La croissance du marché pharmaceutique se fait désormais sur les marchés émergents, caractérisés par la présence forte d’acteurs locaux et la prépondérance de génériques et médicaments à valeur ajoutée assez faible, destinés aux soins primaires. Les innovations, lancées sur les marchés matures, ne tirent donc plus la croissance globale.

La forte progression des marchés émergents s’explique par différents facteurs, notamment des volontés politiques fortes. En Chine, la mise en place d’un système de remboursement a ainsi permis à 90 % de la population de disposer d’un système de couverture santé. Le système hospitalier a en outre été étendu, avec la création de 600 000 dispensaires depuis 2009. Au Brésil, outre des conditions économiques favorables, une couverture santé proche du système européen, pour les maladies chroniques, a été instaurée. Robert Chu ajoute que, « depuis 2011, le gouvernement a mis en place de fortes incitations industrielles pour pousser les laboratoires à faire des accords de licensing avec des acteurs locaux, en échange de conditions d’accès au marché préférentielles ». En Russie, les laboratoires occidentaux doivent signer des partenariats et accords de licence ou prendre des participations dans des unités de production russes, la volonté du gouvernement étant de faire émerger des champions nationaux dans le médicament. Robert Chu souligne que de nouveaux pays constituent également des vecteurs de croissance pour le futur : « l’Arabie Saoudite dispose de moyens financiers importants, d’un système hospitalier moderne et d’une montée des maladies chroniques, en particulier le diabète de type 2 dont la prévalence est de l’ordre de 20 %. L’Algérie représente aussi un marché prometteur, avec une politique très volontariste depuis cinq à six ans du gouvernement qui consiste à mettre en place un système de santé structuré, prédictible pour les investisseurs ».

France : pas de reprise du marché de ville avant 2014

En 2012, en France, le marché de ville a enregistré une baisse historique de 2,3 % en valeur. « Cette tendance s’explique surtout par la baisse de prix de 900 millions d’euros décidée par le CEPS, dans le cadre de la LFSS 2012. A cela, sont venus s’ajouter la substitution des pharmaciens qui s’est accélérée, générant une forte croissance sur les génériques », explique Robert Chu. En 2013, IMS Health table sur une nouvelle baisse de 3,4 % : la LFSS 2013 ressemble en effet en tous points à celle de 2012. Les années 2014/2015 devraient en revanche être meilleures du fait de l’apparition de nouvelles thérapies et d’un moindre effet générique.

Mais la visibilité reste limitée. Si la crise de la dette perdure et dans un contexte de croissance quasi-nulle, de nouvelles mesures contraignantes seront alors prises par les pouvoirs publics sur les médicaments. Claude Le Pen, Professeur d’économie à l’université Paris‐Dauphine et consultant IMS Health France, souligne que « la santé subit désormais le choc de la conjoncture. Dans le passé, l’industrie pharmaceutique était plutôt contre-cyclique. Or, son financement public, qui était sa force, est devenu sa faiblesse ». Le marché hospitalier, de son côté, enregistre selon Robert Chu « une croissance faible, du fait d’une forte pression sur les prix liée à l’intensification des négociations par les centrales d’achat. » Claude Le Pen rappelle que « la moitié environ du marché hospitalier, qui regroupe les médicaments les plus innovants et les plus onéreux, dit « liste en sus », obéit à une logique propre, avec un financement sur enveloppe dédiée et fermée (l’enveloppe « Dispositifs Médicaux Implantables et Médicaments Onéreux ») et des prix régulés par le CEPS comme les produits du marché ville. » Il observe que les politiques hospitalières sont de plus en plus agressives avec une accélération des sorties de la liste en sus, un durcissement des conditions d’accès et des baisses de prix récurrentes.

Un taux de substitution « historique » en 2012 qui va se tasser

Autre phénomène important en 2012, la forte progression (+15 %) du marché des génériques, avec un taux de substitution atteignant 85 % pour certaines grosses molécules. Selon Robert Chu, « le marché des génériques devrait rester favorable en 2013, avec une substitution qui va se poursuivre ; en 2014, en revanche, l’effet va se tasser du fait d’un plus petit nombre de grosses molécules génériquées et d’un tassement de l’effet substitution ». Claude Le Pen estime que les pouvoirs publics vont sans doute être tentés de continuer leur pression sur les génériques, en agissant non plus sur les quantités mais sur les prix. Mais cela ne sera pas sans conséquence : « le problème c’est que l’industrie du générique est très présente en France. Si la pression augmente, les économies se feront au prix de vrais sacrifices sur l’emploi. On verra les choix politiques qui seront faits dans le PLFSS 2014 ».

Le marché de l’automédication a également enregistré une forte activité en 2012. Pour Claude Le Pen, cette bonne tenue montre un changement d’attitude, tant chez les patients que chez les médecins, qui continuent à prescrire des produits non remboursables. Robert Chu ajoute que « ce qui va contribuer à gouverner la croissance de l’automédication dans le futur, c’est une possible prise en charge plus importante des complémentaires sur ces produits ; cela aura un rôle structurant ». Des schémas plus sophistiqués de remboursement automatisé sur des pathologies bien identifiées, pourraient faire leur apparition.

Biosimilaires : un marché encore anecdotique 

Les biosimilaires affichent une croissance modérée. Sur un marché encore modeste, la France se situe en 2ème position, derrière l’Allemagne. Pour Robert Chu, ce marché constitue la prochaine vague d’économies potentielles pour les payeurs : en 2014/2015, plusieurs produits biologiques, notamment dans les maladies auto-immunes, vont perdre leurs brevets.

Dès lors, deux questions se posent : « les prescripteurs prendront-ils le risque de switcher les traitements, sachant qu’il y a une vraie question d’équivalence, surtout dans des maladies compliquées à stabiliser. Par ailleurs, avec les biosimilaires, le gain lié à la substitution sera de l’ordre de 20 à 30 % seulement. Tout cela ne milite pas pour une pénétration rapide et forte des biosimilaires ».

Ce qui va se passer sur ce marché reste encore largement inconnu, notamment au plan international, le modèle des biosimilaires étant encore freiné par l’absence d’une législation appropriée aux Etats-Unis. Claude Le Pen estime que, dans les années qui viennent, « le marché va se développer et connaître une évolution qui n’aura toutefois pas grand-chose à voir avec ce qui s’est passé à l’arrivée des génériques des produits de chimie classique. La substitution officinale sera partielle, le rôle du prescripteurs restera dominant, le gain économique sera environ la moitié de celui obtenu sur les génériques et, techniquement, seuls de gros laboratoires, princeps et/ou génériqueurs, dotés de capacités technologiques appropriées, pourront se positionner sur ce segment ».

Suivi des médicaments en vie réelle : des dispositifs complexes

En France comme en Europe, pour des raisons à la fois de sécurité, de bon usage et de coûts, les autorités demandent de plus en plus aux laboratoires de suivre leurs produits en « vie réelle », autrement dit d’observer la prescription et la consommation de médicaments déjà sur le marché. Robert Chu précise que « l’objectif est de s’assurer que l’efficacité dans la vraie vie est équivalente à celle observée dans les essais cliniques. Si c’est le cas, le laboratoire conserve son remboursement et son prix. Dans le cas contraire, il s’expose à une baisse de prix, voire à un déremboursement ».

Pour Claude Le Pen, il s’agit de « dispositifs assez complexes à mettre en place qu’il faut d’une certaine manière « industrialiser »  afin que les études soient effectuées rapidement, en respectant des normes reconnues de qualité et de fiabilité et dans des délais compatibles avec les décisions publiques ». Une manière assez simple d’y parvenir serait de ménager un accès aux  données de l’assurance maladie, qui peuvent permettre de nombreuses analyses ». Il juge la situation actuelle assez paradoxale : « l’industrie doit réglementairement suivre les prescriptions de ses produits en vie réelle mais n’a pour l’instant pas accès à ces données qui permettraient de le faire ». « Il faut souhaiter », ajoute-t-il, « que la situation évolue de sorte que les laboratoires soient autorisés à suivre leurs propres produits, aussi bien pour des raisons de sécurité que de bon usage, dans des conditions offrant toutes les garanties d’objectivité, de neutralité, et de respect de l’anonymat des patients. » Il précise enfin que « le bon dispositif consistera à combiner les données de la CNAM, pour avoir l’intégralité de la consommation médicale, avec des études plus focalisées, permettant de suivre une sous-population de patients dans des indications particulières ». La convention entre l’Etat et l’industrie, signée en décembre dernier, prévoit un comité de suivi pour ces études : le CEPS est chargé de coordonner et surveiller les différentes demandes.

Pharmaciens et complémentaires : deux professions qui changent

Sur la période 2012/2013, les pharmaciens sont une profession en plein changement : la signature de la convention, en 2012, a introduit le paiement à la performance, l’encouragement de la dispensation générique, et un changement du mode de rémunération. « Le suivi des patients sous AVK, puis des patients asthmatiques, représente un vrai changement structurel du métier de pharmacien. Demain, les pharmaciens ne se contenteront pas de vendre des médicaments mais ils seront aussi producteurs de services aux patients », observe Claude Le Pen. Robert Chu ajoute que, « pour les industriels, il y a un basculement vers le pharmacien dont le rôle devient plus important dans le parcours de soins. Les laboratoires ont un intérêt à comprendre ce changement et à aider les pharmaciens à offrir ce service aux patients, avec des bénéfices immédiats comme par exemple l’amélioration de l’observance ».

De leur côté, les assureurs complémentaires tendent à se renforcer. Comme l’indique Claude Le Pen, les mutuelles de 45 ont maintenant la possibilité de constituer des réseaux dans l’optique; demain elle le feront sans doute dans le dentaire ou la pharmacie. Elles en ont la volonté et la capacité. « Les complémentaires sont en passe de devenir quasi universelles ; certaines dépenses pourront leur être transférées, notamment en matière de médicaments. Cela allègera la charge du régime obligatoire sans créer de problème dramatique d’accès aux soins. Mais il faut bien voir que c’est très structurant. On peut, en effet, imaginer que les complémentaires développent des politiques de prise en charge qui leur soient propres en choisissant par exemple les médicaments qu’elles remboursent ou pas. Des expérimentations ont déjà été menées dans ce sens et je verrais bien une évolution assez radicale dans les deux à trois ans qui viennent ».

Le modèle de promotion des laboratoires évolue

Si en ce moment tous les laboratoires sont dans des logiques de globalisation et recherchent des « relais de croissance », notamment sur les marchés émergents, leurs stratégies pour faire face au durcissement du marché sont diverses : quand certains se spécialisent et se recentrent sur des niches thérapeutiques, d’autres, a contrario, restent généralistes et mènent des stratégies de diversification (génériques, santé animale, OTC, compléments alimentaires, etc…). Certaines fonctions sont externalisées jusqu’à la R&D, certaines firmes préférant acquérir des molécules issues de petites biotechs innovantes liées au monde de la recherche académique. De même, sur les marchés occidentaux, la majorité des groupes cherche à faire évoluer le modèle de promotion qui tend à devenir plus sophistiqué. Robert Chu relève que « l’on passe d’un modèle assez linéaire de visite médicale chez le médecin de ville, avec des messages sur le produit, à une approche plus centrée sur le parcours du patient, qui commence par l’hôpital, se poursuit avec le traitement en ville puis la demande de conseils thérapeutiques auprès du pharmacien ». L’objectif est donc d’avoir une compréhension du parcours de soins. Parler aux professionnels de santé devient plus complexe, plus riche, et nécessite la création de nouveaux métiers, avec des équipes plus décentralisées, des contenus plus scientifiques, tournant davantage autour de la thérapie que du seul produit. Ces compétences montent en puissance dans les laboratoires occidentaux.

Les groupes attachent en outre une importance accrue à leur environnement administratif : « un produit est aujourd’hui très prescrit si les agences (HAS, Nice…) le recommandent. Le marché est très déterminé par les indications dans lesquelles le produit est autorisé, les conditions de remboursement, les guidelines d’utilisation », observe Claude Le Pen. « Une fois que tout cela est défini, les marges de manœuvre auprès du prescripteur sont assez réduites, de même que le champ des stratégies de communication ». Il faut donc trouver de nouveaux canaux. Aucun modèle ne s’impose encore aujourd’hui.

Enfin, il y a la question de l’image des groupes pharmaceutiques, qui s’est dégradée ces derniers temps et occupe le devant de la scène. « Cette image est à reconstruire » conclut Claude Le Pen et « ce sera une tâche de longue haleine mais indispensable car le monde ne peut se passer ni de médicaments ni d’industrie pharmaceutique »

 

A propos d’IMS Health : IMS Health est le leader mondial de l’information, du conseil, des services et technologies pour les acteurs de la santé. IMS s’appuie sur son infrastructure technologique mondiale et ses capacités uniques de conseils, services analytiques on-shore et off-shore et plateformes logicielles pour aider ses clients à mieux comprendre la performance et les dynamiques des systèmes de santé et élaborer leurs stratégies.

Présent dans plus de 100 pays et avec plus de 55 ans d’expérience dans l’industrie, IMS sert l’ensemble des décideurs de la santé, qu’ils soient laboratoires pharmaceutiques, professionnels de santé, payeurs, financiers, autorités de santé ou chercheurs.

Pour plus d’information, visitez notre site www.imshealth.com.

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